Volonté et intelligence

Volonté et intelligence
Sans intelligence, c'est-à-dire sans l'intervention de la réflexion et de la raison, la volonté ne pourrait s'exercer. Vouloir, c'est, avant tout, réfléchir, juger, raisonner et délibérer. Il s'ensuit que l'une des caractéristiques de l'acti-vité volontaire, c'est l'importance de ses éléments représentatifs. Aussi, certains auteurs, et tout particulièrement les Socratiques et la plupart des Cartésiens, ont-ils tenté de ramener la volonté à l'intelligence.

En fait, comprendre et vouloir, bien qu'inséparablement unis, sont deux opérations distinctes. L'intelligence c'est la connaissance et la volonté c'est l'action. L'intelligence obéit à des lois qui sont les mêmes chez tous les esprits sains et normaux; elle est impersonnelle. En revanche, la volonté est personnelle car elle exprime le tempérament de chacun et chaque tempérament a sa nature propre.
Concevoir et se représenter une série d'actions ce n'est pas nécessairement les accomplir. Entre l'idée et l'acte, il y a place pour la délibération et la résolution sur lesquelles influent les sentiments, les passions; aussi il arrive bien souvent que l'on « voit » le bien et que l'on « fait » le mal. Il est indispensable de voir le bien pour le faire. Mais cela ne suffit pas; il faut aussi l'aimer et avoir la ferme intention de le réaliser.
On peut ajouter à ces considérations que l'intelligence a pour domaine le présent ou le passé et pour objet le vrai alors que la volonté a pour champ d'action le présent ou le futur, et, pour but, le plaisir, l'intérêt ou le bien. Le devoir lui ordonne de subordonner le plaisir et l'intérêt au bien désintéressé. En un mot, en l'occurrence, comprendre c'est chercher le vrai et vouloir c'est tendre vers le bien.
Cependant, on ne saurait dissocier absolument la volonté de l'intelligence, d'abord parce que tous les pouvoirs de l'esprit sont inséparables et étroitement solidaires, et, ensuite, parce que, seuls, les actes qui ont été conscients, réfléchis et délibérés, peuvent être qualifiés de « volontaires ».